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Résumé Semaine 1 : Accès à l'Information des Femmes en milieu rural, 3-7 Juin 2002


Présentation principale

La session de la semaine a commencé avec la présentation de la note principale de Nidhi Tandon de l'organisation "Networked Intelligence for Development". Sa présentation a identifié certains des sujets principaux qui ont été discutés pendant la semaine tel que l'importance d'Internet comme outil de communication et de développement, les obstacles importants qui subsistent quand il s'agit de rendre cette technologie plus largement accessible aux communautés dans le Sud.

Cependant, Nidhi Tandon a souligné que les obstacles ne devraient pas être perçus comme étant dissuasifs : accroître l'accès aux ICT fait partie d'une discussion plus large qui devrait se poursuivre de façon tel que nous puissions accroître l'accès aux ressources essentielles dans les pays plus pauvres comme une condition de réduction des grandes inégalités de richesses dans le monde.

Sa présentation met aussi l'accent sur le rôle des ICT dans la création d'opportunités pour les femmes de s'engager dans un dialogue avec les autres, de partager les informations, d'exprimer leurs préoccupations , et prendre en charge leur vie de façon plus efficace.

Il vous est présenté ci-après une synthèse des échanges entre les participants pendant la semaine 1 de la conférence.


QUESTION 1 : Comment les femmes en milieu rural échangent leurs connaissances au sein et au-delà de leurs communautés ? Quels sont les avantages et les inconvénients ?

Les femmes dans les communautés rurales sont en communication constante entre elles au niveau des foyers, et dans la communauté. Elles partagent les informations relatives à leur vie, à l'éducation des enfants, la santé, les sujets économiques, les programmes de la communauté, etc.

  • Une participante a même mentionné que les femmes en Afrique appartiennent souvent à des réseaux ou associations qui leur apportent un soutien mutuel. Elles interchangent aussi entre elles dans des rencontres sociales telles que les événements religieux, les mariages, et les réunions au niveau de la communauté.

  • Une troisième participante a évoqué le rôle joué par les responsables locaux en tant que interprètes ou "transmetteurs" d'information importante. Par exemple, les enseignants ou les professionnels locaux qui sont lettrés et qui peuvent traduire les nouvelles de la capitale ou du district dans la langue locale.

Il ressort donc qu'il y a des opportunités et des canaux par lesquels les femmes en milieu rural ont accès à l'information se rapportant à leur vie.

Cependant, de nombreux commentaires ont été faits au sujet des contraintes portant sur la capacité des femmes à partager l'information et exploiter les opportunités qui s'offrent à elles.

  • Des exemples sur la façon dont les structures patriarcales découragent les femmes de participer à des initiatives qui les entraînent au-delà de leurs foyers. Encore que ceci n'est pas insurmontable selon certaines participantes qui indiquent que les programmes peuvent inclure les hommes comme un moyen d'ouvrir les portes aux femmes.

  • Une autre limitation à laquelle font face les femmes en milieu rural, c'est le lourd fardeau de leurs corvées et le temps limité dont elles peuvent disposer pour d'autres activités. Comme le dit une participante, "les femmes en milieu rural échangent les informations lors des cérémonies comme l'initiation, le mariage et les rencontres du genre réunion du conseil local auxquelles peu d'entre elles participent puisque la plupart du temps, elles sont prises dans les travaux domestiques. La majorité de ces femmes en milieu rural trouvent à peine le temps pour prendre part à des regroupements sociaux. Certaines d'entre elles obtiennent les informations auprès de leurs amies qui y ont participé".

Mais ces contraintes ne devraient pas signifier que les femmes ne sont intéressées d'échanger des informations ou qu'elles sont incapables de participer à des projets de développement dans la communauté. Au contraire, cela veut dire que les projets pour les femmes devraient prendre en considération ces circonstances, et s'occuper des besoins pratiques à court terme des femmes, par exemple les opportunités pour accroître leurs revenus et améliorer leur éducation outre leurs autres besoins à plus long terme comme le renforcement de leur participation à la prise des décisions .


QUESTION 2 : De quel type d'information les femmes en milieu rural ont besoin et comment peuvent-elles y accéder ?

Tout le monde dans les discussions semblent reconnaître que l'information et la communication sont importantes pour le développement et que plusieurs méthodes sont disponibles et sont déjà en usage dans des régions rurales comme la radio, la vidéo, le théâtre, les réseaux sociaux, etc. Il y avait aussi un consensus que les programmes doivent impliquer les femmes en milieu rural dans la définition de l'objectif, du contenu et de la diffusion de l'information de façon à s'assurer que c'est pratique et approprié.

Cependant, des questions ont surgi toute la semaine au sujet de l'adaptation et de la faisabilité des télécentres ou technologie dans des régions où les gens manquent des éléments les plus essentiels de la vie comme l'eau, la santé, la nourriture, ou encore il manque d'infrastructures comme l'électricité .

Les réponses à cette question ont varié. Certaines participantes ont soutenu les arguments que les ICT ne sont peut être pas appropriées , tandis que d'autres mettent l'accent sur le fait que les femmes en milieu rural sont intéressées d'accéder à l'information et ne devraient pas se voir refuser l'opportunité que d'autres prennent pour garantie. Selon une participante de Isis-WICCE en Ouganda, une étude qu'elles ont menée montre que les femmes ont besoin de place où elles peuvent se rencontrer et échanger avec d'autres femmes . De ce fait, l'organisation a installé une unité d'information de femmes en milieu rural, ce qui permet de mettre à leur disposition une variété de ressources.

Une autre participante a indiqué que la faiblesse des infrastructures peut être surmontée grâce à d'autres méthodes , comme des groupes électrogènes ou des téléphones mobiles . Il a été dit que de nombreux télécentres ont été installés en Ouganda en dépit de ces contraintes . On ne peut pas ignorer non plus que la vitesse et la globalisation d'Internet en fait un moyen potentiellement puissant pour les femmes pour partager les informations sur leur cause ou pour découvrir des sujets qui ont un impact sur leur vie. Une participante du Congo a indiqué que les femmes traditionnelles sont intéressées de trouver des opportunités pour partager des informations avec d'autres au delà de leur communauté parce que, ce faisant, elles se renforcent.

Néanmoins la question demeure que les ICT ne peuvent pas être imposées comme une autre technologie importée de l'extérieur sans aucun lien avec le contexte local. Comme de nombreuses participantes l'ont souligné, les projets ICT doivent se fonder sur les ressources et les connaissances des communautés locales. Et comme le souligne une participante, l'accent devrait être mis sur le rôle des ICT dans la promotion de la communication se rapportant et traitant des besoins dans le contexte local : "l'accent doit être mis non pas sur le mot 'technologie' mais sur le mot 'communication'. La technologie est là pour combler nos besoins effectifs".

Il est aussi vrai que les ICT peuvent ne pas être la priorité dans certains endroits. Le plus bel exemple vient de participantes des pays en conflit car, comme elles l'affirment, leurs plus grandes préoccupations ce sont les problèmes politiques qu'elles affrontent ainsi que d'autres problèmes comme la pauvreté et le manque de nourriture.

Mais il y a des exemples où les ICT ont joué un rôle essentiel dans l'amélioration de l'accès des femmes à des opportunités, exemples présentés dans le paragraphe suivant. Un exemple d'information qui a retenu l'attention des femmes est un CD-ROM appelé "Rural African Women: Ideas for earning money", (Femmes Africaines en milieu rural: idées pour se faire de l'argent), qui a été traduit en langues locales en Ouganda.

Quelques commentaires finaux au sujet de la question de savoir quelle information est appropriée et comment elle devrait être diffusée?

  • Les ICT devront être considérées comme une option à coté d'autres technologies de communication qui peuvent être utilisées, comme la radio et la vidéo. Il y a des possibilités de combiner les efforts dans cette direction , tel que plusieurs organisations l'ont mentionné au cours des discussions.

  • En outre, un participant a fait savoir que l'introduction de la technologie de l'information devrait faire partie d'un processus à long terme : "Nous commençons par travailler avec des éléments de base et selon le niveau de compréhension de chaque communauté . C'est un processus graduel qui requiert la formation d'équipe et celle de la communauté un pas à la fois".

  • Finalement, une participante a dit qu'il est nécessaire de mettre l'accent sur l'alphabétisation et l'éducation en commençant par les femmes de jeune âge, étant entendu que cet aspect est toujours inaccessible à beaucoup de femmes. Les projets peuvent combiner des programmes d'alphabétisation et la formation sur les technologies de l'information. Selon une participante, "l'objectif des télécentres étaient d'intégrer l'initiation de base aux ordinateurs comme un aspect de l'éducation, et je pense qu'en intégrant les ICT comme partie des systèmes d'éducation est fondamental pour garantir la pérennité".


QUESTION 3: Comment les moyens et technologies traditionnels ainsi que les ICT sont-ils utilisés en faveur de l'accès à l'information des femmes en milieu rural ?

On a signalé de nombreux exemples intéressants de projets qui ont employé des méthodes traditionnelles et modernes de communication pour promouvoir les intérêts des femmes en milieu rural. Ces exemples viennent surtout d'Afrique qui est l'origine de la plupart des contributions de cette semaine.

  1. "Les cercles d'études " comme moyen d'amener les femmes ensemble afin de discuter de certaines questions et partager des informations, de même que pour promouvoir la démocratie et la politisation des femmes dans les zones rurales et sur le plan national. (cet exemple est de "ALFA Ministries" en Ouganda).

  2. Nakaseke Women Development Association (NAWODA) en Ouganda vise le renforcement des femmes en Ouganda par la formation et l'intégration des connaissances en ICT dans leurs activités quotidiennes de génération de revenus . Les membres NAWODA utilisent un télécentre à Nakaseke qui comprend une bibliothèque, des ordinateurs, ainsi que téléphone, fax et équipements audiovisuels. Les femmes du programme ont ainsi eu la possibilité d'accès à l'information sur un éventail de sujets , allant de la façon de traiter certaines maladies à la nutrition, aux marchés et des conseils en agriculture.

  3. Une participante a fait part de son expérience dans l'installation de bibliothèques/centres de ressources pour des femmes rurales au Bénin. Le projet a été exécuté en partenariat avec des éducateurs locaux et nationaux et le Ministère de l'Education. Dans ses propres termes "en réponse à de nombreuses demandes, des ordinateurs ont été introduits comme éléments des centres. Même si la plupart des éducateurs et étudiants n'y ont pas vu de besoin ou d'utilisation immédiate des ordinateurs, tout le monde sans exception a reconnu que savoir utiliser cette technologie leur a procuré d'incroyables opportunités".

  4. Le "Council for Economic Empowerment for Women of Africa" (CEEWA) est une organisation régionale avec un bureau en Ouganda. Le CEEWA croit dans l'utilisation des ICT comme moyen pour aider les femmes entrepreneurs à accéder à l'information sur des prix, des marchés, des crédits, de même que pour acquérir des connaissances en affaires comme la tenue des comptes, et le développement des produits et des services. Grâce à ce programme, les femmes qui y participent ont un meilleur accès aux marchés pour leurs produits et au crédit. Une participante du Sénégal a fait part d'initiatives similaires dans lesquelles des femmes entrepreneurs ont utilisé les ICT pour accéder à l'information sur le coût de leurs produits sur le marché, la demande et l'offre, etc. , ce qui constitue à n'en pas douter une information de valeur.

  5. D'autres ont suggéré que les ICT peuvent simplement être utilisées pour promouvoir les échanges entre les femmes au-delà des frontières locales et nationales . Comme une participante l'a dit, " Je verrai bien un jumelage entre femmes d'un village africain, avec les femmes d'une coopérative en Inde ou avec des paysannes Ukrainiennes ! Vous imaginez la dynamique que pourrait déclencher un tel processus ? L'échange d'idées sur la façon de cultiver la terre, d'élever du bétail, de traiter les produits agricoles?".

Les discussions de la Semaine 1 nous ont permis d'avoir un bon aperçu aussi bien des défis qui nous attendent que des opportunités. La conclusion pourrait être qu'il y a des limites inhérentes dans l'utilisation des ICT comme outil de développement des zones rurales et les projets devront veiller aux contraintes (par exemple les conditions de pérennité) ; il demeure important pour nous d'explorer cette voie comme une option qui pourrait accroître la capacité des femmes à participer de façon plus égalitaire à la vie sociale et économique. Un mot final pour conclure la Semaine 1, comme l'a dit une participante, c'est important pour nous de "persévérer dans notre tentative de créer des opportunités qui sont nécessaires pour permettre aux femmes de poursuivre le renforcement de leur savoir".

(Résumé préparé par Anne-Marie Livingstone et Maroushka Kanywani. Traduction: André Damiba.)

Conférence en ligne IARW




Last update: June-27, 2002